Burkina Faso

Ceci est un cri du cœur du Moussa Zerbo, député de l’Union pour le progrès et le changement, un parti d’opposition burkinabè. C’est une voie de plus dans la polémique née de l’annonce d’une implantation d’une usine textile à Ouagadougou. Le Samedi, ce sont des chefs traditionnels de Koudougou qui ont demandé au président du Faso de peser pour que le nouvel investissement soit réalisé dans leur ville. Pour le député Zerbo, c’est plutôt Bobo Dioulasso qui doit être le point d’implantation de la nouvelle usine.

« Pays reconnu comme l'un des meilleurs producteurs de coton de la sous-région, surtout grâce à sa région Ouest où se trouve la capitale économique, le Burkina Faso n'a malheureusement pas une capacité à transformer son or blanc sur place. En  conséquence, l’exportation de cette matière première ne profite presque pas aux producteurs et au pays!

Fort heureusement, une lueur d'espoir semble pointer à l'horizon, avec le turc Ayka Textile  dont le Président, Yusuf Aydeniz,  déclarait à  sa sortie d'audience avec le Premier ministre Paul Kaba THIEBA:" Dans les six mois à venir, l'usine sortira de terre".

Le coût de l'investissement est estimé à 220 milliards de francs CFA, soit 335 millions d’Euros, et l’usine créera à terme 12 000 emplois.

C’est un projet salutaire. Mais, la grande déception vient du choix du lieu d'implantation de cette usine dans la capitale politique, Ouagadougou, au détriment de la capitale économique, Bobo-Dioulasso, qui, mieux, est pourvoyeuse de la matière première qu'est le coton.

Jadis, cette ville et ses alentours faisaient la fierté de notre pays de par les immenses potentialités qu'ils offraient sur tous les plans: Productions céréalière, cotonnière, fruitière, maraîchère ; ressources halieutiques, etc.

Nous savons également que toute usine exige beaucoup en matière d'eau.  Cette denrée est justement en abondance à Bobo-Dioulasso.

Une usine telle que la SAVANA, qui transformait les fruits et légumes en jus, en purée de conserve (tomate, confiture,...) et dont les produits étaient prisés dans la sous-région, a dû être bradée. La SIFA, première en production de motocyclettes et vélos,  a disparu. La SOFAPIL Winner agonise depuis des mois à cause de 800 millions de francs d'impôts impayés. La liste est longue,  si longue que l'on ne pourrait l’épuiser.

Avec cette usine de transformation de textile, il y a une réelle opportunité de soulager la souffrance de nos producteurs de coton, et de redonner un nouveau souffle à Sya. Hélas! Notre gouvernement se penche pour l’implantation de l’usine à Ouagadougou, loin de la matière première, loin des ressources en eau, malgré les surcoûts. La raison avancée est que c’est l’investisseur qui a choisi Ouagadougou. Cet argument ne tient pas, d’autant que l’Etat burkinabè détient 45 pourcent des actions. D’ailleurs, comment un Etat sérieux va-t-il se plier ainsi face à des investisseurs ?

L’implantation de l’usine à Ouagadougou va engendrer des frais supplémentaires pour le transport. Nous pensons que, du point de vue de la situation géographique, par rapport au chemin de fer qui nous relie au port d'Abidjan, le pays gagnerait à implanter cette usine à Bobo-Dioulasso.

Loin de nous un esprit régionaliste !  C'est une question de bon sens!

Chers promoteurs et actionnaire, prêtez attention aux nombreux cris de cœur du Grand Ouest! 

Pour terminer, nous invitons solennellement les hommes politiques bobolais de tous les bords, les organisations de la société civile et les autres leaders d’opinions, à surpasser les divisions pour défendre ce qui est bien pour  le Burkina Faso et pour la ville de Bobo-Dioulasso.

Dans ce sens, nous les inviterons bientôt à signer une pétition à l’intention de nos plus hautes autorités. »     

C’est un secret de Polichinelle de le dire, mais le Burkina Faso a déjà perdu le contrôle sur une partie de son Nord. Dans de vastes territoires de la région du Sahel, ceux que l’on qualifie de terroristes se pavanent, quasiment en toute sérénité. Venus d’ailleurs dans un premier temps, ils ont fini par faire des émules au sein de la population locale. Une coalition d’intérêt s’est ainsi formée et sème la terreur. L’administration publique est devenue non grata dans plusieurs villages.

Aujourd’hui, il s’agit donc de reconquérir ces territoires que nous sommes en train de perdre, il faut assurer l’intégrité territoriale au Burkina Faso. Et ça, c’est la mission de l’armée nationale, dans son entièreté. Les Burkinabè ont besoin d’un signal fort, d’images qui rassurent.  Les "enfants" qui meurent dans le Sahel et des "chefs" qui attendent à Ouaga pour réceptionner et enterrer leurs corps, nous en avons assez.

Nous voulons des généraux, des colonels dans ces régions que les terroristes tentent de nous arracher définitivement. Cela pourrait se faire, sous l’impulsion du Président du Faso, par le découpage de cet espace en zones d’opération, placées sous le commandement de ces officiers supérieurs. Messieurs les "naaba", justifiez vos galons !

Le temps est plus que jamais venu pour l’armée nationale de démontrer qu’elle sait se battre pour autre chose que des positions politiques. Elle a su se mobiliser spontanément pour mettre fin à la tentative de confiscation du pouvoir politique en septembre 2015, elle doit sûrement être capable de s’organiser pour préserver le moindre centimètre carré du Faso.

Et ça, ce n’est pas à travers de longues et incessantes réunions à Ouagadougou.

Yacouba Ouédraogo

Chères collaboratrices, chers collaborateurs de l’administration scolaire et universitaire,

Chères enseignantes, chers enseignants, Chers élèves et étudiants, chers partenaires,

Le 2 octobre 2017 consacre la rentrée scolaire et universitaire 2017-2018. Cette date inaugure une nouvelle page de notre système éducatif et comme il est désormais de coutume, nous saisissons l’occasion pour nous adresser à vous, acteurs et partenaires de l’éducation.

D’emblée, nous avons une pensée pieuse pour les acteurs qui nous ont quittés. La Nation reconnaissante ne les oublie pas et les jeunes qu’ils ont formés les portent à jamais dans les sédiments de leur mémoire.

Avant d’évoquer les grands défis et les immenses chantiers qui nous attendent, il nous faut jeter un regard rétrospectif sur l’année précédente. Durant l’année scolaire 2016-2017, notre école a connu des turbulences parmi lesquelles la menace terroriste dans la région du Sahel mais fort heureusement, notre système éducatif a résisté héroïquement. De même, les cas de violence, de vandalisme et d’incivisme sont en nette régression et, c’est le lieu de vous féliciter pour votre implication pour que l’école redevienne ce lieu d’apprentissage et de formation.

En droite ligne de la vision du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, nous avons poursuivi les réformes pour donner de la cohérence et plus de pertinence au système éducatif. Nous continuons le renforcement de l’offre en infrastructures scolaires et universitaires tout en prenant en compte l’engagement du Chef de l’Etat de résorber les salles de classes sous paillote en 2020 et d’accroitre l’accès à la formation aux métiers.

Dans le souci d’améliorer la qualité de la chaîne de certification et de sécuriser nos diplômes, nous avons achevé l’informatisation du BAC, du BEPC et le processus d’informatisation du CEP est engagé.

Avec l’appui des partenaires de l’éducation, nous avons également engagé la modernisation de la gestion des ressources humaines, y compris l'utilisation plus efficiente des enseignants. Les multiples difficultés que nous avons connues à ce niveau devraient trouver des réponses adéquates dans un avenir proche. Il en est de même de la problématique des manuels scolaires dont la conception, l’édition, l’impression et la distribution feront l’objet d’un appui de professionnels du domaine afin de nous sortir de la récurrente question de la qualité et de la disponibilité des manuels à tous les niveaux.

Notre ambition de développer l’enseignement scientifique prend forme avec l’ouverture de 2 lycées scientifiques à Bobo Dioulasso et Ouagadougou en cette rentrée 2017-2018 et l’érection de deux autres pour la rentrée 2018-2019. Cette mesure est renforcée par l’équipement de 24 établissements secondaires généraux en laboratoires de biologie, chimie, physique, SVT, Maths et TIC. Dans la même logique, la prévision de construction de 11 structures d’enseignement et de formation technique et professionnelle souligne l’ambition de développer ce sous-secteur.

Par ailleurs, dès cette rentrée, le nouveau système de bourses scolaires adopté courant août 2017 par le gouvernement permettra d’appuyer les élèves qui seront orientés dans les filières scientifiques, techniques ou professionnelles. Ces mesures incitatives visent à combler le déficit en scientifiques et techniciens.

Enfin, le chantier de la formation des personnels de l’éducation sera également ouvert avec une réflexion sur les conférences pédagogiques, la formation continue et l’encadrement pédagogique.

 

Chères collaboratrices, chers collaborateurs de l’administration,

Chères enseignantes, chers enseignants,

Cette année scolaire et universitaire, nous allons poursuivre les réformes.

Au niveau de l’enseignement universitaire, la carte universitaire du Burkina a été renforcée pour cette rentrée, avec l’autonomisation des trois centres universitaires de Fada N’Gourma, Ouahigouya et Dédougou.

Nous avons entrepris l’ouverture de classes préparatoires d’entrée aux grandes écoles pour élargir l’offre en termes de cadres dans les sciences et techniques.

En outre, les centres universitaires de Gaoua et Kaya reçoivent leurs premiers étudiants dans ce mois d’octobre. On note également la création de l’université virtuelle du Burkina Faso et des centres universitaires de Tenkodogo et de Dori.

Nous abordons cette année académique avec 7 institutions d’enseignement supérieur publiques, opérationnelles dans 11 villes. En perspective, le gouvernement compte créer très prochainement l’Ecole Polytechnique de Ouagadougou. A côté de ces efforts du gouvernement, nous saluons la contribution des promoteurs privés par l’animation d’une centaine d’établissements, majoritairement concentrées dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.

Avec le contingent de nouveaux bacheliers, l’enseignement supérieur s’apprête à accueillir un effectif total d’environ 120 000 étudiants, dans le public et dans le privé. C’est un défi énorme à relever au regard des difficultés structurelles et conjoncturelles que connaît le système d’enseignement supérieur.

 

Chers enseignantes, chers enseignants,

L’histoire est riche d’exemple d’enfants devenus célèbres qui, sans l’action bienveillante de leurs enseignants, n’auraient pas échappé à la fatalité de leur condition. Nous pensons à l’exemple d’Albert Camus qui, après avoir reçu le Prix Nobel de littérature écrivit à son instituteur Louis Germain, ces propos pleins de signification : « Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé ».

C’est cela qui fait de notre métier le plus beau et le plus redoutable comme le relève le psychologue américain Haim G. GINOTT : « Je suis venu à une conclusion terrifiante que je suis l'élément décisif dans la classe… En tant que professeur, je possède un énorme pouvoir de rendre la vie d'un enfant triste ou joyeuse. Je peux être un instrument de torture ou un instrument d'inspiration. Je peux humilier ou guérir. »

 

Cher(e)s élèves, cher(e)s étudiant(e)s,

La Nation attend de vous une attitude de rupture avec tous les comportements contre-productifs et espère que vous vous engagerez dans le travail et la quête de l’excellence. Vos parents ainsi que l’administration scolaire et les enseignants se tiennent à vos côtés pour vous aider à faire de l’école un lieu d’apprentissage et de réussite, un espace de fraternité agissante et de mûrissement de vos potentiels. Allez au dialogue et exprimez vos craintes, vos peurs, vos insatisfactions, voire vos colères. C’est le rôle de l’école et de vos parents de vous entendre et de vous orienter.

Chers partenaires sociaux, Chers parents d’élèves

Nous croyons fermement aux vertus du dialogue et en sa capacité de résorber tous les désaccords. De par le passé, nous avons dans le dialogue fait avancer la cause des travailleurs pour le grand bonheur de notre système éducatif. Nous vous réitérons notre disponibilité au dialogue et à la concertation pour accompagner toute proposition de votre part qui serait bénéfique pour l’éducation, les élèves, les étudiants, les travailleurs et donc la Nation.

« L’éducation, c’est la famille qui la donne ; l’instruction, c’est l’Etat qui la doit » disait Victor Hugo. La famille doit rester le premier foyer d’éducation ; sans elle, l’école est hémiplégique et son action elle ne peut que claudiquer. Ce sont nos actions conjuguées qui sont gages de réussite pour les apprenants. Aussi, en cette année nouvelle, nous voudrions vous renouveler nos félicitations pour votre contribution constante à la bonne marche de notre système et vous encourager à renforcer la collaboration avec l’institution scolaire et universitaire à travers vos différentes associations et individuellement dans le suivi du travail de vos enfants. C’est dans un compagnonnage étroit que nous allons conduire nos filles et fils au succès.

Chères collaboratrices, chers collaborateurs de l’administration scolaire et universitaire,

Chères enseignantes, chers enseignants,

Chers élèves, chers étudiants, chers partenaires, chers parents,

Nous avons de grandes ambitions pour notre institution scolaire et universitaire mais nous ne disposons pas de toutes les ressources, ce qui peut apparaitre à première vue comme un handicap ; cependant, à y regarder de près, cela peut être un terreau favorable à l’épanouissement de notre génie créateur. La volonté et l’imagination des individus sont les armes miraculeuses du changement. C’est pourquoi les acteurs de l’éducation doivent posséder ces deux valeurs cardinales car comme le souligne Joseph Ki-Zerbo : « L’Education est le logiciel de l’ordinateur central qui programme l’avenir des sociétés »

Bonne rentrée pédagogique.

Vive l’école burkinabè !

Jean-Martin Coulibaly

Ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation

Pr. Alkassoum MAIGA

Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation

Ils seront 150, les migrants burkinabè qui vont regagner leur pays mercredi, en provenance de la Lybie. Selon un communiqué de l’Organisation internationale des migrations (OIM), « ce retour s’inscrit dans le cadre du programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration de migrants ». Depuis le début de l’année, ce sont 383 migrants burkinabè qui ont sont volontairement revenus de la Lybie.

Depuis quelques années, le Burkina Faso fait face à un flux migratoire de plus en plus important. Entre 2012 et juillet 2017, 1691 migrants burkinabè sont rentrés volontairement de plusieurs pays dont 1414 de la Lybie, 49  du Maroc et 228 du Niger.

Pour aider le pays à gérer cette situation, l’Organisation Internationale pour les Migrations a développé le programme d’Aide au Retour Volontaire et à la Réintégration (AVRR) de Migrants afin de favoriser leur réinsertion durable et de les fixer dans leur milieu. Chaque migrant bénéficie d’un appui financier et technique pour sa réintégration.

La phase de réintégration comprend, une formation en création et gestion d’entreprise, la rédaction d’un plan d’affaire selon la volonté du migrant, l’achat et la fourniture du matériel et équipement nécessaire à la conduite de l’activité génératrice de revenus. Un suivi est assuré par l’OIM pour garantir la pérennité  des actions. 

Quatre organisations de premier plan qui soutiennent l'agriculture africaine se retrouvent dans un partenariat stratégique novateur pour accroître les revenus et améliorer la sécurité alimentaire de 30 millions de petits ménages agricoles dans au moins 11 pays africains d'ici 2021.

Le Partenariat pour la Transformation Agricole Inclusive en Afrique (PIATA), d’une valeur de plusieurs millions de dollars, a été lancé mercredi à l’occasion de l’édition 2017 du Forum pour la Résolution Verte en Afrique 2017 (AGRF). Le PIATA est un partenariat innovant et porteur de changement ainsi qu’un moyen de financement qui mènerait vers une transformation inclusive de l’agricole dans tout le continent.

La Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation Rockefeller et l'Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) fourniront ensemble jusqu'à 280 millions de dollars américains pour catalyser et soutenir une transformation agricole inclusive dans au moins 11 pays d'Afrique, ce qui augmentera les revenus et améliorera la sécurité alimentaire de 30 millions d’exploitations agricoles familiales de petite taille.

Selon le Rapport 2017 sur l'état de l'agriculture en Afrique, le continent a besoin d'une révolution agricole qui soit originale et qui relie des millions de petites exploitations à des entreprises agroalimentaires, créant des chaînes d'approvisionnement alimentaires étendues, des emplois et des opportunités économiques pour de larges segments de la population. L'agriculture est encore le meilleur moyen pour une croissance économique africaine inclusive et une réduction de la pauvreté.

Le Ghana, le Nigeria, le Mali, le Burkina Faso, le Rwanda, l’Ouganda, le Kenya, l’Ethiopie, la Tanzanie, le Malawi et le Mozambique sont les 11 pays prioritaires pour le PIATA.

A la faveur d’une rencontre qu’il a eue lundi avec les riverains de l’avenue Kwamé Nkrumah, le ministre en charge de la Sécurité a annoncé la prise de plusieurs mesures pour une meilleure sécurisation de la zone.

Simon Compaoré a notamment déclaré que "des mesures fortes sont en train d’être prises" à cet effet.

L’avenue Kwamé Nkrumah, bordée de boutiques, de restaurants, d’hôtels et de sièges d’entreprises, a été la cible de deux attentats qui ont fait une cinquantaine de morts.

Le premier, perpétré le 15 janvier 2016, a été revendiqué par le groupe Al-Mourabitoune.

Le second attentat, commis le 13 août, n’a fait l’objet d’aucune revendication.

Par cette rencontre avec les riverains, Simon Compaoré a voulu "leur dire que l’espoir est permis", selon ses propres déclarations.

Il les a invité à une  "franche collaboration avec les forces de défense et de sécurité", pour, dit-il "mettre fin aux actions des terroristes".

L’assaut est lancé par le Mouvement pour l'engagement et le réveil citoyen (MERCI).

Lundi à Ouagadougou, son président, Abdoulaye Yogo a dénoncé les "comportements de certains responsables d’OSC dépourvus de dignité qui nous font croire que nous sommes au bord du gouffre, sinon dans le gouffre, en oubliant que nous revenons de très loin".

Dans la ligne de mire de cette association, Pascal Zaïda et le Cadre d’Expression Démocratique (CED) dont il est le premier responsable. A leur encontre, la menace est tout sauf voilée : "le peuple burkinabè est témoin de leurs faits et gestes", profère Abdoulaye Yogo.

A l’origine de la colère du Mouvement pour l'engagement et le réveil citoyen, l’annonce par Pascal Zaida d’un meeting pour dénoncer mal gouvernance, les tribunaux d’exceptions, les détentions arbitraires et les attaques terroristes.

C’est une manifestation politique, croit savoir monsieur Yogo qui demande à ces "OSC politiciennes de se déclarer partis politiques", s’ils veulent se lancer dans les organisations de "grands meetings".

Au passage, le Abdoulaye Yogo et ses camarades lancent une menace non voilée: "nous disons que le peuple burkinabé est témoin de leurs faits et gestes".

Le MERCI, dire faire cette revendication, afin que "les OSC soient responsables, républicaines et respectueuses du peuple burkinabè".

Salifou Diallo est mort. Sa succession est l’objet de vives bousculades, essentiellement entre députés du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Mais cet appétit n’est pas du gout du chef de l’Etat, qui a déjà eu à faire savoir qu’il ne voulait pas de "désordre" dans le pays.

Face aux excitations des uns et des autres, Roch Marc Christian Kaboré a fait passer un message qui pourrait se résumer en quelques mots : "arrêtez pour vous là" !

Des informations recueillies par Kamanews, et contrairement à ce que les intéressés tentent de faire croire par une campagne déguisée, aucune des personnes dont les noms qui circulent dans la presse n’est le candidat, ni du MPP, ni du président Kaboré aux fonctions le président de l’Assemblée nationale.

"Frontières", le dernier film de la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré a été projeté jeudi 19 août 2017, au ciné Rialto d’Amsterdam, à l’occasion de la 8è édition du «World cinema Amsterdam», le festival du cinéma mondial de la cité qui se déroule du 17 au 26 août prochain.

"C’est un magnifique film. Il montre à la fois le combat quotidien des femmes africaines mais aussi l’espoir que ces femmes portent sur l’avenir du continent", s’est exclamée Maria Klein, une jeune amsterdamoise de 24 ans.

Conquis par le film, le public du ciné Rialto que l’on dit froid a applaudi à tout rompre à la fin de la projection de «Frontières» ce jeudi soir.

"J’ai été très content de voir ce film burkinabè. Pour moi qui ai vécu au Burkina, c’est une grande joie. Je revois les femmes très travailleuses, très intrépides, très combattantes du Burkina. J’ai aussi revu les paysages du pays parce que j’ai pu aller à l’intérieur du Burkina Faso quand j’y étais", s’est félicité de son côté, Ernst Noorman, le dernier ambassadeur des Pays-Bas ayant résidé à Ouagadougou.

Apolline Traoré, la réalisatrice burkinabè invitée à ce festival était bien heureuse que son film ait traversé les frontières pour conquérir des cinéphiles d’autres contrées du monde notamment à Amsterdam.

"C’est un petit public -au regard de la capacité de la salle- mais très convivial. Ce film après avoir un peu galéré commence le tour des festivals. Nous sommes ici mais ce jeudi 24 août 2017 nous écourterons notre séjour. Nous devons nous rendre en France pour le festival d’Angoulême où le film sera cette fois-ci en compétition", a indiqué la réalisatrice se félicitant de représenter le Burkina Faso à cette 8é édition du «World cinema Amsterdam», le festival mondial du cinéma d’Amsterdam.

"Frontières" est un long-métrage, qui met en scène quatre femmes traversant l'Afrique de l’ouest du Sénégal au Nigeria en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Bénin affrontant toutes sortes de difficultés (racket, accidents, vol, viol, assassinat, pauvreté). Film d’ouverture du 25e Fespaco, il met en rôle quatre actrices débutantes et confirmées notamment Amélie Mbaye (Sénégal), Naki Sy Savané (Côte d'Ivoire), Adizètou Sidi (Burkina Faso) et Unwana Udobang (Nigeria).

C’est un hymne à la femme, au combat de la femme africaine qui bouscule beaucoup de barrières au propre comme au figuré pour faire avancer sa cause et celle de la communauté.

Romaric Ollo HIEN
Conseiller de Presse à l’Ambassade du Burkina Faso à Bruxelles

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) déplore un procès qui semble "déséquilibré" intenté par de "hauts magistrats" contre un "journaliste qui n’a que sa plume".

Le 27 juillet, le procureur a requis contre Lookmann Sawadogo une peine de 12 mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 300 000 F CFA. C’est une peine qui "semble" très lourde, constate le parti de Zéphirin Diabré.

En tous les cas, l’UPC affirme son soutien "moral" au journaliste Lookman Sawadogo et à l’ensemble de la presse burkinabè".

S’adressant aux magistrats dans leur ensemble, le parti les invite "à se pencher davantage sur les dossiers de crimes de sang et de crimes économiques qui attendent d’être élucidés". Pour l’UPC, "c’est surtout sur ce terrain d’une justice crédible, prompte et impartiale que les Burkinabè attendent nos juges".

Le 29 juillet, l’ADF-RDA avait qualifié de "tentatives d‘atteinte à la Liberté de presse" l'action judiciaire contre le journaliste.

Six magistrats membres de la Commission d’enquête du Conseil supérieur de la magistrature sur la corruption ont intenté un procès pour diffamation contre le directeur de publication du journal Le Soir, Lookman Sawadogo. Le verdict est attendu pour le 10 août.

Pour compter d’octobre, il sera possible pour les patrons d’entreprises de renforcer leur efficacité, avec comme atout, l’éthique. Une association religieuse a lancé mardi à Ouagadougou un programme de formation intensive à cet effet. En 14 semaines, Action Chrétienne Tous pour la Solidarité (ACTS) va s’atteler à préparer les entrepreneurs afin qu’ils puissent développer leurs sociétés en misant sur l’éthique.

La méthode, qui a déjà fait ses preuves au Rwanda et en Afrique du Sud, sera dupliquée au Burkina grâce à un partenariat avec Regent University des Etats-Unis.

Les frais de participation à ces cours sont fixés à 200 000 F CFA.

Cette formation au profit des chefs d’entreprises est la première activité d’envergure de Business Developpement Center, une structure de renforcement de capacités créée par ACTS. Selon sa fondatrice Joanna Ilboudo, les formations seront dispensées par des personnes ressources du Burkina, mais aussi des Etats-Unis et de plusieurs pays d’Europe.

Abolir le franc CFA, c’est la mission, le combat qui m’anime depuis une quinzaine d’années. Docteur en économie et agrégé des Facultés de Sciences Economiques, j’ai exercé des fonctions de macro économiste, chef de service au siège de la BCEAO à Dakar, été ministre de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo, chercheur à l’Université d’Oxford (University College) et, aujourd’hui, je suis directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie à Paris.

Je ne me paye pas de titres, je cumule les expériences. Mes interrogations sur le franc CFA ne sont pas un objet d’étude de tour d’ivoire. Chercheur, acteur institutionnel,  j’ai éprouvé, sous diverses facettes, les limites de notre système monétaire, frein au développement des pays qui en sont encore tributaires. C’est contre cette servitude volontaire que je m’élève pour l’avenir de nos pays et de nos enfants. Comment leur expliquer demain que nous avons laissé faire ? Que nous avons nourri les caisses du Trésor Public français ? Tandis que les réserves qu’il nous impose avec notre pleine allégeance pourraient être réinjectées dans nos économies pour construire des écoles, des dispensaires, pour électrifier les zones rurales, construire des infrastructures modernes, dignes du 21e siècle, permettre aux jeunes d’accéder au crédit bancaire et financer des activités génératrices de revenus. Je ne suis pas un militant, je suis un intellectuel engagé. Je souhaite que, par-delà toute faillibilité humaine, le débat, parce qu’il dépasse ma seule personne, ait lieu. 

Il me paraît d’autant plus urgent à mener que, faute d’avoir pu diversifier leurs économies au moment du cycle décennal haussier des matières premières, notamment du pétrole, les pays de la zone Franc exportateurs de pétrole subissent actuellement de plein fouet le retournement du cours des matières premières. Une telle situation laisse planer le spectre d’une nouvelle dévaluation du franc CFA dans les semaines ou mois à venir. Elle rend en partie caduc en l’état le débat sur l’utilisation optimale de réserves de changes, ces dernières ayant fondu comme neige au soleil dans le compte d’opérations détenu auprès du Trésor français, et ce au rythme de l’accroissement des déficits jumeaux accumulés par les économies de la zone Franc.

En tant qu’observateur averti, et de concert avec mes collègues investis dans ce combat, nous observons que nombreux sont celles et ceux qui nous rejoignent et viennent grossir nos rangs parce que la cause que nous défendons est juste. Nous ne sommes pas des pyromanes, nous ne souhaitons pas déstabiliser nos économies déjà fragiles, argument qu’on nous oppose trop facilement. Nous souhaitons que nos Etats  puissent jouir pleinement de leur souveraineté dans un cadre économique rénové au service du plus grand nombre.

La parité fixe avec l’euro prétendument gage de stabilité, la totale garantie de convertibilité du franc CFA en euro et la libre circulation des capitaux restent la voie royale de l’accumulation hors de nos frontières. Il y a une manne, bas de laine dans les banques européennes, qui nous échappe tandis que la majorité de nos populations restent acculées dans des conditions de pauvreté sans qu’aucun horizon ne se dégage, au risque d’emprunter parfois des pirogues sépultures de leur dernier voyage. Je vous le dis ça suffit. Nous sommes responsables et nous ne pouvons pas nous défausser de nos responsabilités.

Dans une série récente d’articles et d’interviews, les responsables politiques et économiques français nous mettent devant nos responsabilités et affirment que la France prendra simplement acte de la voie que les africains auront décidé de suivre en matière de gestion monétaire au sein de la zone Franc. S’il y a lieu de critiquer un manque d’élégance de la part d’un partenaire qui, par le passé, a fait preuve de beaucoup moins de pudeur à propos des affaires africaines, chiche, prenons nos responsabilités, faisons des propositions audacieuses mais responsables.

Entendons-nous bien, le changement de système monétaire au sein de la zone Franc ne sera pas une révolution. Je ne crois guère au grand soir. Il faudra d’abord opter pour un franc CFA moins rigide, rattaché à un panier de devises. Il faudra négocier l’abandon du système du compte d’opérations, véritable assurance tous risques contre les défaillances de la gouvernance africaine au lieu d’assurer contre les chocs exogènes-sa vocation première- et donc couper le cordon ombilical avec le Trésor français. Faisons donc attention aux spécialistes du maquillage, qui revêtent les apparences de la réforme. Je ne souhaite pas un simple changement de dénomination de la monnaie CFA, pâle cache-misère. Je voudrais que nous préparions le changement, un vrai changement.

Le changement peut faire peur, peur parce qu’il y a l’inconnu. Ceci n’est pas nouveau, la question est existentialiste. En économie monétaire ce sentiment porte un nom : « la peur du flottement ». Mais pour y parer, il faut s’y préparer, débattre, envisager différents scenarii, agir et justement ne pas avoir peur, avoir confiance en nous. L’abolition du franc CFA, vestige amovible de la colonisation, n’est pas une idée, c’est un programme.

J’en appelle à toutes les bonnes volontés, aux forces vives de nos pays, à rejoindre le débat, nous éclairer de leurs réflexions, de leurs talents. Il nous faut nous fixer un cap. Une autre Afrique est possible et ce n’est pas seulement une utopie. L’Histoire nous regarde. 

 

Kako Nubukpo
Macroéconomiste

L’annonce est faite par un communiqué publié dimanche par la Coalition pour la renaissance artistique au Burkina Faso (COIRA/BF).

Sana Alphonse Kaboré, surnommé "Petit Docteur", est "suspendu pour faute" grave, et "n’a plus mandat pour agir au nom du Collectif", indique le communiqué.

Aucune précision n’est cependant donnée sur la nature de la "faute" reprochée à l’artiste.

Cette sanction intervient alors que le premier responsable de l’organisation, Bam Rady, est sous le coup d’une poursuite judiciaire à l’initiative de la radio Oméga.

Le 28 juin, des membres de la CORA/BF se sont introduits dans les studios de cette radio sans y avoir été autorisés.

Ils ont notamment agressé un animateur, l’obligeant à interrompre l’émission musicale qui était en cours.

CORA/BF est un regroupement qui prône une plus grande diffusion de musique burkinabè par la presse audiovisuelle au Burkina Faso.

Les travaux de réhabilitation des locaux du tribunal de grande instance de la ville de Manga sont "terminés". L’information est donnée par le ministère en charge de la Justice.

Le 12 juin, alors qu’il visitait le site, le Ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Garde des Sceaux, Bessolé René BAGORO avait promis de tout mettre en œuvre pour que la réfection se fasse dans les meilleurs délais.

Le tribunal de Manga avait été saccagé par une foule de manifestant en colère suite à l’arrestation d’un habitant de la ville.

Le vol inaugural de cette compagnie de transport aérien est prévu pour ce 22 juin, un aller retour Ouagadougou - Bobo Dioulasso.

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