Société

Me Guy Hervé Kam et les Koglweogo en 4 questions

Le phénomène des Koglweogo a encore endeuillé et cette fois-ci, des morts à Tialgo (commune de Tenado) le jeudi 18 mai dernier. Au bilan des affrontements, cinq morts  et  plusieurs blessés. Voici la lecture d’un juriste, Me Guy Hervé Kam rencontré par Kamanews. 

Kamanews : Quelle est votre lecture de la situation en tant juriste ?

Me Guy Hervé Kam : Tout d’abord, j’ai une pensée pour les victimes. On peut dire que c’est une situation qui était prévisible dans la mesure où, depuis le départ, il y avait ceux qui pensaient que c’était une réponse à l’insécurité des populations et ceux qui pensaient que leur existence était une défaillance de l’Etat. Il est clair que ce genre de phénomène, à partir de l’expérience d’autres pays forcement, allaient conduire à des situations désagréables comme celle de Tialgo. Ce qui s’est passé à Tialgo pour moi n’est que le début des problèmes. On a échappé à ça à plusieurs reprises dans d’autres régions quand les koglweogo ont voulu s’installer et même là où ils sont solidement installés il y a eu des dérapages. Cependant, cette situation ne devrait pas arriver dans un Etat de droit. De par leur fonctionnement, les koglweogo remettent en cause ce qui fonde un Etat de droit à travers les amandes qu’ils perçoivent, les violences à l’encontre des populations etc. Les koglweogo constituent un système de sécurité concurrent du système de sécurité légal. Ce qui est sûr, c’est que c’est un phénomène qui à la longue va  créer plus de problèmes que ce que l’on voit aujourd’hui.

Kamanews : A qui peut-on imputer la responsabilité de cette situation ?

L’Etat est le premier responsable : ce sont les gouvernants et gouverner c’est prévoir donc on devrait prévoir que ces dérapages allaient subvenir. La réaction de la population peut être compréhensible au début à cause du problème d’insécurité et le manque de réponse de la part de l’Etat. On s’organise pour se défendre. Humainement c’est compréhensible. Mais maintenant, on a vu que ça s’est pas limité à là et à partir du moment où ce n’est plus un système de défense communautaire, propre à la communauté mais plutôt un phénomène à l’échelle nationale, les koglweogo constituent un supplétif au système de défense et de sécurité et cela pause problème. A l’époque, lorsque nous disions qu’il fallait s’en méfier, l’une des raisons était de dire que si les forces de défense font des dérapages on sait à qui s’adresser c’est l’Etat. Et si les koglweogo font des dérapages à qui il faut s’adresser ? Deuxième élément d’où viennent les moyens que ces derniers utilisent ? Il y a tellement de questionnements et la responsabilité gouvernementale aurait permis d’arrêter cela.

Kamanews : Pensez-vous qu’il ait une main occulte derrière les Kolgweogo ?

J’ai dit depuis le début que ces genres de structures même s’ils sont de bonne foi à leur création peuvent être manipulées par la suite parce qu’elles auront besoin de moyens pour leurs activités. Si une ou des personnes participent à leur donner les moyens, finalement on pourrait les manipuler. De toute façon, il y avait tellement de fenêtres de manipulations qu’il fallait les arrêter. Aujourd’hui je ne peux pas dire qu’il y a des gens tapis à l’ombre qui tirent les ficèles.

Kamanews : Qu’est ce qui peut être fait pour résoudre ce problème ? 

Je pense qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire les choses. Aujourd’hui, ceux qui doutaient encore ont quand même des éléments de preuves qui montrent qu’il faut éviter de foncer droit au mur. Dans beaucoup de pays qui sont divisés les problèmes sont venus des groupes d’auto défense. Aujourd’hui le gouvernement a pris des mesures par rapport à la situation dans le Sanguié mais on a l’impression qu’on attend qu’il y ait des dérapages pour réagir. C’est vrai que le Burkina a un problème de sécurité mais est ce qu’on a le droit de s’accrocher à tout y compris aux koglweogo en sachant que ça peut créer de problèmes ?

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