Politique

L’heure est grave au sein de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), à se fier à des propos de Armand Ouali. Dans une longue lettre manuscrite qu’il a adressée à son président, Zéphirin Diabré, celui qui n’est autre que le vice-président de l’UPC rue dans les brancards.

"Ce n’est pas conforme à la loi, mais on peut y aller, puisque nous avons une couverture". Voilà  résumé l’esprit d’une correspondance entre deux ministres du gouvernement de Paul Kaba Thiéba, et dont Kamanews a eu copie.

Avec déjà plusieurs centaines de militaires installés dans la périphérie de Ouagadougou, la France annonce l’envoie d’un renfort au Burkina.

Mardi à Abidjan, le ministre de l'Intérieur français, Bernard Cazeneuve, a évoqué l’envoie d’une "dizaine" d’éléments du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

En de pareilles circonstances, on peut s’imaginer que ce chiffre est largement en deçà de la réalité.

La mission de cette unité opération sera d’apporter du concours "pour intervenir rapidement dans la région en cas d'attaque terroriste sérieuse".

En clair, Ouagadougou, situé eu cœur du Sahel, sera le lieu d’où Paris organisera ses interventions commando en Afrique de l’Ouest.

Cette nouvelle posture du Burkina suscite bien d’inquiétudes.

Dans sa revendication de l’attentat de dimanche en Côte d’Ivoire, AQMI a promis des représailles contre les "croisés dans tous les pays participant à Serval et Barkhane".

L’organisation terroriste a réitéré son "appel à tous les Etats soutenant l'invasion française au Mali à se retirer de cette alliance satanique".

Le 16 janvier, des organisations de la société civile burkinabè ont exigé le départ "des forces étrangères notamment américaines et françaises présentes sur notre sol, source d’insécurité et d’agression contre notre Peuple".

Dans la même foulée, le Mouvement burkinabè des droits de l’homme avait invité le gouvernement à se débarrasser de "toute illusion de protection de nos territoires par des forces étrangères".

Au moins 300 éléments français des forces les forces spéciales de l’opération Sabre sont positionnés au Burkina.

De sources diplomatiques, le prochain voyage du président du Faso en France sera largement consacre au renforcement de la coopération sécuritaire entre Paris et Ouagadougou.

Face aux tergiversations et calculs politiques de l’exécutif central, le gouverneur de la région de l’Est a pris ses responsabilités.

Le colonel-major Hyacinthe Yoda, cité par l’Agence d’information du Burkina (AIB), n’a pas fait dans le flou face aux représentants des Koglwéogo, ces milices qui, chaque jour, empiètent un peu plus sur les prérogatives de l’Etat.

"On ne peut pas tolérer que des Kolgwéogo arrêtent des gens, les violentent, les enferment et les verbalisent", a déclaré, lundi, le gouverneur Yoda, avant d’exiger d’eux qu’ils libèrent la région de l’Est "dans un bref délai".

Ces dernières semaines, les Koglwéogo n’ont eu de cesse de multiplier les actes de défiance à l’encontre de l’Etat. Ceux de Sapouy ont boycotté une réunion convoquée par le ministre en charge de la Sécurité. Simon Compaoré qui, en mi-février, avait affirmé que "les Koglwéogo sont utiles".

Ce mardi expire l’ultimatum de 72 heures accordé par des Koglwéogo aux autorités de la ville de Fada pour obtenir la libération de 10 des leurs, placés en détention pour avoir séquestré et torturé un présumé voleur de bœuf et son frère.

A présent, il faut que le Premier ministre fasse sa première sortie publique sur cette gangrène Koglweoguiste. Et ce sera pour affirmer la primauté du droit, dans cet Etat de droit qu’est le Burkina Faso.

Le secrétaire général de l’Onu a visité deux hôpitaux de Ouagadougou, connus pour les égards qu’ils accordent aux populations les plus démunies.

Une action qui est la traduction, dans les faits, du message que Ban ki-moon est venu livrer au Burkinabè.

Le Burkina est "un modèle de démocratie", a-t-il noté à plusieurs reprises. Le patron de l’Onu a aussi dit avoir  "conscience que le Burkina Faso revient de loin".

Apres l’insurrection, après une transition dont le bilan est loin de faire l’humanité, il est grand temps de reconstruire le pays.  Et sur ce plan, la visite du secrétaire général de l’Onu est un appui dont les autorités de Ouagadougou ont besoin.

L’économie du pays n’est pas au mieux de sa forme, et les incertitudes de ces deux dernières années ont ralenti, et parfois même entrainé la suspension de nombreux projets de développement financés grâce à la coopération internationale.

Le gouvernement burkinabè trouve, donc, en Ban ki-moon un ambassadeur pour plaider sa cause à travers le monde.  Sur les questions du développement, de la réforme du secteur de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, Roch Kaboré a demandé à Ban Ki-moon l’appui de son institution.

Discours de circonstance ou réelle admiration, le premier responsable de l’Onu n'a pas tari d’éloges à l’endroit du Burkina et de sa population.

Mais l’Onu ne fera rien pour le Burkina, sans une contrepartie.  

Selon les confidences faites à kamanews par un fonctionnaire onusien,  Ban Ki-moon a fait entendre aux dirigeants burkinabè l’importance que la communauté internationale accorde à la bonne gestion des ressources qu’elle consentira à dégager pour leur pays. En des termes moins diplomatiques, le Burkina, par ses dirigeants, doit donner des gages de son engagement à lutter contre la corruption, et toutes les formes de mal gouvernance.

Ban Ki-moon a aussi exigé du Burkina Faso un respect des droits de l’homme, y compris ceux relatifs aux orientations sexuelles des personnes.  "Nul ne doit se cacher en raison de sa sexualité", a déclaré le patron des Nations-Unies

Pour rendre le processus électoral plus transparent et sincère, l’Union européenne a formulé une vingtaine de recommandations aux parties concernées. La primeur de l’information a été réservée au président du Faso par Cécile Kashetu Kyengé. La chef de la mission d’observation électorale de l’Union européenne des élections de 2015 lui a remis un document qui préconise l’adoption d’une "législation régissant le financement privé" des partis politiques. Il est également recommandé "l’établissement d’un plafonnement des dépenses de compagne", ainsi qu’une obligation, pour les candidats, de publier leurs rapports financiers.

Selon les observateurs européens des élections législatives et présidentielle du 29 novembre, de telles mesures devraient renforcer l’indépendance des partis politiques.

Le rapport de l’Union européenne déplore la participation des femmes à la vie politique, qui reste "limitée". Pour modifier la donne, il propose l’introduction du système d’alternance sur les listes, assorti de sanctions contre les tous les partis qui viendraient à ne pas respecter cette disposition.

Le dernier ministre en charge de la Sécurité de Blaise Compaoré est dans un état de santé critique.

Actuellement interné dans une clinique de Ouagadougou, sous surveillance des gardes de sécurité pénitentiaire, Jérôme Bougouma a introduit, en mi-janvier, une demande de mise en liberté provisoire pour raison médicale.

La Haute cour de justice, à qui la requête a été adressée, souhaite procéder à une contre-expertise avant de se prononcer. Ledit examen doit être effectué à l’hôpital Yalgado Ouédraogo.  Mais qui va y conduire le malade ? Les autorités de la Maison d’arrêt et de Correction de Ouagadougou et celles de la Haute Cour de justice se rejettent la responsabilité.

Pendant que ce ping pong se déroule, les proches de Jérôme Bougouma peinent à cacher leurs inquiétudes. Le 30 décembre, la MACO avait dû accepter son évacuation d’urgence dans une clinique. La prise en charge a permis de sauvegarder sa vie, mais il en garde aujourd’hui des « séquelles importantes », selon une source contactée par kamanews.

"Nous avons l’impression qu’on veut laisser mourir notre type", confie à Kamanews un ami de Jérôme Bougouma. Le régime de traitement est "strict", avec, notamment, plusieurs injections d’insulines par jour, ainsi que l’obligation de disposer d’une chaine de froid pour conserver les produits injectables. Des conditions improbables en milieux carcérales.

Jérôme Bougouma est incarcéré depuis le 18 aout 2015 à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. La justice burkinabè le poursuit pour des faits présumés de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicites.

Depuis plusieurs mois, il souffre de diabète, avec des complications neurologiques, cardiovasculaires et ophtalmologiques.

Aucun préalable n’a été requis pour la remise en liberté de Jocelyn Eliot. C’est du moins ce qu’ont laissé entendre ses ravisseurs, qui, dans un message audio samedi, disent avoir pour principe de ne pas impliquer des femmes dans leurs opérations militaires.

Les trois pays du Sahel ont mis en commun leurs forces dans la recherche du couple Eliot.

Le Burkina a signifié à la France son étonnement face à certaines déclarations  de son diplomate accrédité à Ouagadougou.

Très actif sur les réseaux sociaux sur l’attentat revendiqué par les Mourabitounes, Gilles Thibault a plusieurs fois contredit les autorités burkinabè.  

Ce fut le cas après l’annonce de la visite à Ouagadougou du Premier ministre français par le ministre burkinabè de la Communication.  L’information sera démentie par Gilles Thibault sur son compte Twitter. Ouagadougou n’a pas aimé cette manière de contredire, publiquement, ses officiels.tweet d elambassadeur

Du reste, certaines personnes proches du pouvoir au Burkina trouvent que « le type parle trop, et pas toujours pour dire des choses exactes ».

C’est encore Gilles Thibault qui fera mentir le ministre burkinabè de la Sécurité. Le 16 janvier, dans la matinée, Simon Compaoré avait déclaré : « il y a trois terroristes qui ont été mis hors d'état de nuire dont 2 femmes et un homme». La réplique de l’ambassadeur de France ne tardera pas : « pas de femmes parmi les 3 assaillants tués », écrit-il sur Twitter.

Dans certains milieux à Ouagadougou, on soutient que Gilles Thibault n’est pas étranger aux affirmations faites par le Premier ministre français. Manuel Valls a déclaré que 3 djihadistes qui ont pris part à l’attentat sont actuellement recherchés.  Une information que le gouvernement burkinabè refuse de commenter.

Le 19 septembre, le gouvernement rencontrait le corps diplomatique pour lui faire le point de la situation au Burkina. Certains participants à cet échange auront retenu de la participation de monsieur Thibault ses prises de paroles, « parfois sans demander l’autorisation ».

Pour autant, c’est loin d’être la brouille entre Ouagadougou et Paris. Une vingtaine de policiers et de magistrats français participe à l’enquête sur l’attentat du 15 janvier. Sur une radio privée de Ouagadougou, l’ambassadeur de France a dit ne pas exclure la possibilité d’un accroissement de l’aide militaire de son pays au Burkina Faso.

Un lundi d’installation des membres de l’équipe du premier ministre Paul Kaba Thiéba.

Au ministère de la Jeunesse, de la Formation et de l’Insertion professionnelle, c’est à Jean Claude Bouda que le sortant, Salifou Dembélé, a remis les clés de la maison.

C’était le 18 janvier, lors d’une cérémonie placée la supervision du Secrétaire général du gouvernement.

A l’occasion, le nouvel entrant a dit sa foi en la « jeunesse combattante » du Burkina, une jeunesse « qui ne dort pas ».

Le ministre Bouda a promis donner le meilleur de lui-même, pour l’atteinte des objectifs qui lui ont été assignés par le chef du gouvernement.

Nouvelle escalade dans les relations déjà difficiles entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. La justice burkinabè a annoncé aujourd’hui avoir émis un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale ivoirienne.

Pour l’instant, aucune information n’a filtré sur les charges retenues par la justice burkinabè, à l’encontre de Guillaume Soro.

Mais le seul dossier en justice connu à Ouagadougou et dans lequel le nom du président du parlement ivoirien apparait est celui du putsch de septembre 2015, perpétré par des éléments du Régiment de sécurité présidentielle.

Le premier ministre de la Transition, puis le président du parlement intérimaire burkinabè ont publiquement affirmé avoir des preuves de l’implication de Guillaume Soro dans le coup d’Etat du général Diendéré.

Au Burkina, les analystes estiment peu probable une coopération de la justice ivoirienne dans l’exécution de ce mandat d’arrêt.

Il fait suite à un autre mandat d’arrêt de la même justice militaire, émis à l’encontre de l’ancien président Blaise Compaoré pour sa responsabilité présumée dans l’assassinat du président Thomas Sankara.

La présence du président ivoirien Alassane Ouattara à l’investiture de Roch Marc Christian Kaboré avait été interprétée dans certains milieux comme l’expression d’une volonté pour les deux pays de détendre leur relation.

Roch Marc Kaboré à plusieurs fois affirme son engagement à laisser la justice travailler en toute indépendance.

L’émission coup sur coup de mandat d’arrêt contre Blaise Compaoré et Guillaume Soro complique la tâche pour les diplomates burkinabè et ivoiriens.

Un rapport rendu public par le réseau national de lutte anti-corruption (Ren-Lac) établit un parallèle entre les résultats des partis aux élections du 29 novembre, et le niveau de corruption qu’ils ont pratiquée.

Tous les partis ont eu recours à la corruption, note le Ren-Lac. Mais selon le rapport, c’est le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) qui s’est le plus livré à une telle pratique.

Cette formation politique a remporté les législatives, et son candidat est sorti vainqueur de la présidentielle du 29 novembre.

Comme dans les urnes, le MPP est suivi, dans la pratique de la corruption, par l’UPC de Zéphirin Diabré, et le CDP, le parti de l’ancien président Blaise Compaoré.

L’enquête pour la production du rapport a couvert la période du 2 août au 29 novembre.

Le Ren-Lac est une organisation de la société civile. Son objectif est de «contribuer à l’éradication de la corruption au Burkina Faso».

Il aura fallu plus d’une semaine au président du Faso, après son investiture, pour dénicher l’homme qu’il lui faut pour occuper les fonctions de chef de gouvernement.

Un temps mis pour trouver une personne « qui ne traine pas de casserole », a confié à kamanews une source proche du président Kaboré.

Nombreuses sont les attentes, et les Burkinabè exigent de leurs dirigeants qu’ils soient des modèles, de probité, entre autres.

Dans ses déclarations après sa prise du pouvoir, le président Kaboré a indiqué que son gouvernement va travailler à améliorer l’accès à l’éducation, à la santé et à l’eau potable.

A cela s’ajoute la nécessité de relancer l’économie nationale, mise à mal par les incertitudes et les troubles politiques dans lesquelles le pays s’est trouvée au cours des deux dernières années.

C’est une feuille de route tracée pour Paul Kaba Thiéba, qui devra également donner du sens aux promesses de gouvernance dans le dialogue faite par le nouveau président.

Les organisations syndicales ont récemment fait savoir qu’il n’y pas lieu de parler de trêves sociales.

Plusieurs de leurs revendications n’ont pas reçues de réponses satisfaisantes.

Pour l’immédiat, une partie de l’opinion ici attend des mesures fortes, à même d’impacter à la baisse le coût de la vie.

A 55 ans, ce père de 3 enfants qu’est Paul Thiéba va être l’homme du changement. C’est du moins ce que souhaite la majorité des Burkinabè qui, faut-il le rappeler, vit avec moins de 2 dollars par jours.

C’est un cadre de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Paul Kaba Thieba, qui a été nommé premier ministre du Burkina Faso.

L’annonce de la décision a été faite jeudi, une dizaine de jours après l’investiture du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Paul Kaba Thieba, 55 ans, était en poste à Dakar, la capitale du Sénégal.

Dans ses déclarations après sa prise du pouvoir, le président Kabore a indiqué que son gouvernement va travailler à améliorer l’accès à l’éducation, à la santé et à l’eau potable.

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